jeudi 15 juin 2017

Collection Patrimoine du Bourbonnais : le parcellaire circulaire de Malicorne

Situé à 5 kilomètres de Commentry, le village de Malicorne possède l'un des exemples les mieux conservés de parcellaires radioconcentriques d'origine médiévale. Centré autour d'une place de 70 mètres de diamètre où s'élevait vraisemblablement une motte féodale (XI-XIIIe siècles), le paysage circulaire de Malicorne s'organise sur le tracé de deux enceintes (vraisemblablement en bois) marquées de nos jours au sol par des chemins et des haies. La première enceinte faisait 300 mètres de diamètre et était doublée d'un fossé d'environ 10 mètres de large que l'on peut encore distinguer en quelques endroits. La seconde enceinte de 600 mètres de diamètre possédait également un fossé de 8 à 10 mètres de large. Cette enceinte extérieure se développait sur 1,8 km de périmètre. Malheureusement, dans l'état actuel des connaissances fournies par l'archéologie paysagère, nous ignorons les conditions et la chronologie de la formation de ce parcellaire. Il existe encore deux autres beaux exemples de parcellaires circulaires d'origine médiévale dans le département de l'Allier : à Mirebeau (commune de Verneix) et La Bruyère-Laubespin (Cérilly).  

Pour aller plus loin,  à lire : Armelle Querrien, les formes circulaires de l'espace bâti et agricole au Moyen Age : tracé, mesure et partage, in, Archéologie médiévale, 2008

S. HUG

HUGSTEPHANE@aol.com

mercredi 14 juin 2017

La Prévoyante : première société de secours mutuels de Lapalisse (1884)

Bannière de La Prévoyante (fonds de la Mutualité bourbonnaise - Moulins)



L'industrialisation bouleversa en profondeur toute la société française du XIXe siècle. La question de l'encadrement de la classe ouvrière naissante posa par exemple de nombreux problèmes tant au patronat qu'à l'Eglise, sans oublier le prolétariat lui-même. Poussés par l'exode rural, de nombreux paysans quittèrent leur village pour venir s'installer en ville, perdant au passage leurs repères sociaux les plus élémentaires : les classes laborieuses devinrent vite les fameuses classes dangereuses de la littérature bourgeoise. Si de nouvelles formes de sociabilités apparurent relativement vite (le bistrot, la fanfare, un peu plus tard, les jardins ouvriers ou les premiers cercles gymniques), il resta néanmoins à réinventer les vieilles solidarités villageoises. C'est dans cet esprit que furent créées les premières sociétés mutuelles dans les années 1840 destinées à gérer une caisse commune entretenue par les cotisations des adhérents qui cherchaient de la sorte à se prémunir contre la perte de leur salaire en cas de maladie ou d'accident du travail.

La Prévoyante, première société de secours mutuels de Lapalisse fut créée en 1884 par Louis Morel (1835-1898), maire de la ville et entrepreneur en tissage. Sur cette bannière, offerte en 1886 par François Lavenat (1839-1909), successeur temporaire de Louis Morel au poste de maire, la ruche rappelle l'entraide mutualiste, en bas, à droite, les navettes symbolisent les ouvriers tisserands de Morel, à gauche, les outils agricoles évoquent enfin l'importance du monde rural dans la vie économique de Lapalisse.
Durant la première décennie du XXe siècle, deux autres sociétés de secours mutuels furent créées dans notre ville : Les Travailleurs réunis (présidée par Auguste Coche, futur maire de 1919 à 1935) et Les Prévoyants de l'Avenir (présidée par le pharmacien Desfourniaux). Cependant, La Prévoyante demeura, jusqu'à son absorption par La Mutualité bourbonnaise dans les années 1970, la plus puissante des ces trois sociétés.
S. HUG
HUGSTEPHANE@aol.com