mardi 31 août 2010

Chronique du haut de la palissade : mirage sur l'asphalte


L'idée selon laquelle Lapalisse serait encore un carrefour routier à vocation nationale est à combattre avec force car cette thématique est porteuse de grandes désillusions. Comme vous l'avez sans donc lu sur le nouveau site internet municipal, on continue à vanter les avantages du positionnement de notre ville, essayant bien maladroitement de convaincre les entrepreneurs qu'ici on peut capter des flux importants. Comment d'ailleurs appartenir à la fois à une majorité départementale qui part en guerre contre les poids-lourds circulant sur les routes bourbonnaises et chercher parallèlement à attirer ces mêmes transporteurs sur le territoire de sa commune ? Ce point mériterait une clarification de la part du maire actuel.

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La réalité du prétendu carrefour lapalissois est toute autre. Voici une carte (dont on se garde bien de parler à Lapalisse) des trafics routiers dans le département de l'Allier réalisée par les services de l'Etat. Cet outil cartographique montre bien que le carrefour tant vanté n'existe plus, les difficultés de l'Aire des Vérités trouvent ainsi leur explication. Ce n'est pas le concept de cette aire de services qui est en cause, mais le calibrage de celle-ci par rapport à l'état réel des flux.

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Certes, il faut faire feu de tout bois, mais le développement économique de Lapalisse ne passera plus uniquement par la route.
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S. HUG

samedi 28 août 2010

In Mémoriam : Georges Romaillat nous a quitté il y a quelques semaines.

C'est à Sanary-sur-Mer, fin mai, que Georges Romaillat nous a quitté à l'âge de 91 ans. Retour sur son parcours.

Georges Romaillat était né en 1919 au Breuil dans une famille de paysans. A l'âge de la communale, sa famille s'installa dans le bourg de Saint-Prix qui devint, beaucoup plus tard, le théâtre d'une grande partie de ses créations littéraires. Après des études au cours complémentaire de Lapalisse, Georges Romaillat connut l'expérience de la guerre au sein du Ier régiment de Zouaves de Casablanca. Prisonnier de guerre en 1940, il resta trois années en captivité en Allemagne. Revenu en France en 1943, il intégra les rangs de la Police nationale dans laquelle il fit toute sa carrière jusqu'en 1974. Retiré dans le sud de la France depuis la fin des années 1970, il se consacra alors à sa passion de l'écriture. Excellant dans l'exercice de la nouvelle, possédant un style à la fois simple et précis, rythmé et plaisant, Georges Romaillat réussit la prouesse de traduire sur le papier toutes ces petites choses anodines que son regard d'enfant a vu défiler devant lui durant les années 1920-1930.


Auteur de trois beaux recueils de nouvelles : La grande école (1981), Chronique du pays des Vérités (1983) et Saint-Prix, pays Berbouille (1993), Georges Romaillat fut également l'auteur d'une centaine de nouvelles dont une partie fut publiée dans l'édition dominicale de La Montagne.
(Cliché aimablement communiqué par Mme Claire Rodriguez, petite-fille de Georges Romaillat).



S. HUG

(HUGSTEPHANE@aol.com)

vendredi 27 août 2010

Chronique du haut de la palissade : les Robinsons de la Besbre

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Les internautes lapalissois ont su se mobiliser au cœur de l’été pour faire vivre la démocratie numérique. Les résultats des deux enquêtes d’opinion lancées, il y a un mois sur le site Palicia, sont sans appel : 66 % des internautes pensent que l’actuelle municipalité lapalissoise ne sera pas capable d’inventer une nouvelle vie le long de la rue Roosevelt récemment rénovée. Pire encore, quasiment un internaute sur deux affirme que cette rénovation n’aura aucun impact sur la vie de notre cité. Il est pourtant évident que ce chantier urbain, décidé, rappelons-le, bien avant 2008, participe un minimum à l’amélioration du cadre de vie. Quitte à me répéter encore une fois, ce qui manque, c’est une vision d’ensemble intégrant ce chantier dans un dessein beaucoup plus vaste (voir le projet territorial présenté sur Palicia en février dernier).
La sévérité des internautes lapalissois sonne en fait comme un véritable désaveu pour une équipe municipale qui n’a pas su créer une nouvelle dynamique au lendemain de son élection. Ce qui n’a pas été possible dès les premières semaines qui ont suivi mars 2008 ne peut plus l’être aujourd’hui : tout est donc plombé jusqu’en 2014. Plus les mois passent et plus la ville de Lapalisse se recroqueville sur elle-même et se coupe, faute d’une réelle volonté édilitaire, des grands courants d’innovations de notre époque. A l’Hôtel de Ville, les naufragés de l’engagement public sont en train de revisiter le mythe de Robinson Crusoé…

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S. HUG

dimanche 15 août 2010

L'auberge des Espalus

La Nationale 7 n'était pas seulement un long ruban d'asphalte déroulé de Paris à Menton. Cet axe fonctionnait tel un creuset social où se côtoyaient gens de la route et gens du cru. Les bistrots, les hôtels, les restaurants, les garages et les stations services étaient alors autant de lieux où l'ailleurs venait frapper à la porte du quotidien.

Entre Lapalisse et Saint-Martin d'Estreaux, l'Auberge des Espalus fut l'un de ces lieux privilégiés où, au hasard de quelques tables, l'Hexagone se rétrécissait à la taille d'une salle de restaurant.

Cette auberge fut tenue dès le milieu du XIXe siècle par la famille Quirielle. Dans les années 1920, Odile Quirielle, garçon de café à Lyon, reprit l'établissement et le fit prospérer en y installant des chambres et une épicerie de campagne. Dans les années 1940, son neveu, lui aussi prénommé Odile, boucher à Moulins, reprit l'affaire et fit construire un étage afin d'agrandir la capacité d'accueil de l'auberge. Dans la foulée, Odile Quirielle lança, juste en face de l'auberge, un atelier de salaison qui greva les bénéfices de l'auberge qui fut finalement mise en location à partir de 1947 et cela jusqu'en 1993, année de sa fermeture.

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S. HUG

samedi 14 août 2010

Chronique du haut de la palissade : une lueur dans la nuit ?

La surprise de l'été est venue de la refonte complète du site internet municipal. Il s'agit tout bonnement de la première véritable initiative de l'équipe municipale au bout de deux ans et demi de mandat puisque que toutes les autres actions menées à ce jour par cette même majorité ne furent que l'accomplissement de projets échafaudés bien avant son arrivée aux affaires. Il convient donc, en toute bonne foi, de saluer le lancement de ce nouveau site internet, même si on est encore loin du compte.


D'une conception simple et parfaitement fonctionnel, ce site présente néanmoins quelques incohérences. Il aurait été tout d'abord souhaitable de retrouver sur la page d'accueil un édito du Maire dans lequel ce dernier aurait dû présenter sa vision de Lapalisse. Cet oubli et cette frilosité ne surprendront pas les bons observateurs de la vie lapalissoise. D'ailleurs, la page "programme" de ce nouveau site est, vous pourrez le constater, rachitique ! En terme de communication, il y a donc encore beaucoup à faire. Par exemple on continue à présenter Lapalisse comme un carrefour stratégique nord-sud et est-ouest alors que cela n'est vrai qu'à l'échelle orientale du département mais certainement pas à l'échelle nationale (les difficultés de l'Aire des Vérités illustrent d'ailleurs parfaitement cette réalité). Pire encore, lorsque l'internaute veut connaître les offres d'hébergement sur notre ville, il est invité à aller sur le site de la com com pour les découvrir : de quoi décourager les meilleures volontés. Quant à la page "Lapalisse autrefois", elle constitue purement et simplement une négation de toute l'histoire des Lapalissois et des Lapalissoises.


Le bureau municipal a enfin créé une rubrique "archives" dans laquelle apparaissent tous les comptes-rendus des réunions du Conseil municipal depuis 2008. En jouant la carte salutaire de la transparence, la municipalité vient de se lancer des chausse-trappes sous ses propres pas. En effet, si vous avez eu la présence d'esprit de conserver tous les comptes-rendus de réunion du Conseil municipal parus dans La Montagne depuis plus de deux ans, vous pourrez vérifier par vous-même l'écart étonnant qui a souvent existé entre la réalité et ce que l'on faisait paraître dans la "presse-patate" servie au bon peuple. Vous pourrez constater que la majorité municipale est loin de former un bloc monolithique.
La nuit risque donc de durer encore longtemps sur Lapalisse et cela d'autant plus que le Président de la com com essaye, bien maladroitement, de nous faire croire un jour, dans les colonnes de La Montagne, que le projet de Maison Médicale Plurisdisciplinaire est bien engagé, tout en avouant le lendemain, dans la dernière livraison du journal communautaire 8888, qu'il n'en peut mais sur plusieurs points de ce dossier. Certaines lignes budgétaires sont certes approvisionnées, mais les acteurs locaux de la santé ne sont pas franchement intéressés par ce projet, le propriétaire de la friche ATAC est rompu aux affaires et l'Agence Régionale de la Santé n'a toujours pas avalisé celui-ci. Quant à la défense du Lycée Antoine-Brun, la promesse récente du Maire de Lapalisse de se battre pour assurer sa survie aurait pour un peu fait trembloter la Place d'Allier à l'heure de l'anisette... J'espère que vous avez noté comme moi que pas un journaliste de La Montagne n'a demandé à Jean Mallot, député de l'Allier, allié politique du maire lapalissois et actuellement Président du Conseil d'administration du LPA Antoine-Brun quel était l'avenir de cet établissement : les jeux sont donc déjà faits...

S. HUG

jeudi 12 août 2010

Le visage retrouvé de la première église paroissiale de Lapalisse (1819)

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Voici un document exceptionnel tiré des Archives nationales. Il s'agit des plans de la première église paroissiale de Lapalisse et de ceux de son presbytère. Rappelons que Lubié (situé à un kilomètre du centre ville) fut siège paroissial jusqu'en 1791. Érigée en paroisse, Lapalisse dut attendre plus de vingt-cinq ans pour voir la construction de sa première véritable église. Si le bâtiment du presbytère existe toujours (il s'agit du Relais des Services Publics inauguré dans ses murs voici deux ans), l'église quant à elle, devenue trop petite à la fin du XIXe siècle fut démolie en 1895 pour laisser place à celle que nous connaissons tous.
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Ce premier édifice de culte était en fait perpendiculaire à l'église actuelle, prolongeant de la sorte le bâtiment hybride de la mairie/sous-préfecture.

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S. HUG

HUGSTEPHANE@aol.com

vendredi 6 août 2010

Edmond Louveau se souvient de sa première nuit d'homme libre passée à Lapalisse (31 décembre 1943)

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Edmond Louveau (1895-1973) embrassa dans les années 1920 une brillante carrière dans l'administration coloniale. Nommé Administrateur supérieur de la Haute Côte d'Ivoire (actuel Burkina Faso) en 1937, il se rallia à la France Libre dès juin 1940. Appelé à Dakar en décembre 1940 par le Gouverneur de l'Afrique Occidentale Fançaise afin de négocier le ralliement de la Haute Côte d'Ivoire, Edmond Louveau fut trahi et arrêté. Mis en résidence surveillée, il fut transféré en France. D'abord interné à la prison de Gannat, Edmond Louveau fut ensuite détenu à la maison d'arrêt de Riom d'où il réussit à s'échapper, grâce au concours de la Résistance locale, en empruntant les souterrains qui communiquaient avec le Palais de Justice. L'évasion se déroula à quelques heures du nouvel an 1944. Muni de faux papiers, le commando fonça alors vers le nord de la région.





"Nous arrivâmes vers 23 heures à Lapalisse, notre première destination, sans avoir rencontré autre chose que quelques postes de gendarmerie qui nous laissèrent passer après vérification de nos irréprochables « papiers ». À Lapalisse, nous attendait dans un des hôtels de la ville, tenu par un membre de la Résistance, M. Gruet, qui avait préparé un copieux réveillon. Plusieurs membres influents des organisations de Résistance locale vinrent me voir.
À titre d'épreuve, je me livrai, sans les prévenir, à une transformation qui, en d'autres circonstances, aurait pu paraître mystification : ils me virent monter dans ma chambre, au premier, avec la belle barbe bien fournie que j'avais laissé pousser pendant mes 40 mois de bagne et de prison et sans laquelle aucune des personnes présentes ne m'avait jamais connu. Vingt minutes après je descendis complètement rasé : personne ne me reconnut. Je compris alors que, recherché par toutes les polices et par la Gestapo, il me serait facile avec un nouvel état civil, de me promener à travers la France et de travailler pour la Résistance, sans risquer d'être reconnu : le « résistant » serait peut-être pris, mais le bagnard évadé s'était volatilisé... "



Extrait de la Revue de la France Libre, n° 119, juin 1959 (repris de l'ouvrage « Au Bagne ». Entre les griffes de Vichy et de la milice, Soudan impression, 1947).


Edmond Louveau entra dès lors dans la Résistance auvergnate, puis participa à la Campagne de France en 1944-1945. Regagnant l'Afrique dès 1946, Edmond Louveau finit sa carrière d'administrateur colonial au Soudan en 1953.


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S. HUG