mercredi 29 juin 2011

Chronique du haut de la palissade : question de géographie.

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La réforme des collectivités pose en fait aux élus la question suivante : faut-il encourager la construction d'une géographie sociale ou plutôt privilégier le développement d'une géographie volontariste ?



Si l'on choisit de donner une cohérence à la géographie sociale, il conviendrait, en ce qui nous concerne, de ne pas fusionner le Pays de Lapalisse avec les com com de Varennes et du Saint-Pourcinois. En effet, le propre de la géographie sociale est de réfléchir sur des territoires modelés par les activités humaines, notamment par les réalités économiques. Aussi, une rapide analyse montre que le Pays de Lapalisse est en marge du futur quatrième pôle bourbonnais. En revanche, s'il s'agit de promouvoir une géographie volontariste, telle que la concevait l'ancien Préfet Monzani, le Pays de Lapalisse pourrait alors parfaitement rejoindre l'ensemble St Pourçain/Varennes en espérant de la sorte qu'une hypothétique dynamique d'entraînement puisse se mette en place et tire vers le haut notre Pays. Cependant, dans le cadre de la géographie volontariste, la question de la hiérarchisation des territoires se pose avec beaucoup plus d'acuité puisqu'il s'agit de travailler sur de l'artificiel. En effet, au sein d'un ensemble St Pourçain/Varennes/Lapalisse (largement dominé par la première entité), notre com com arriverait inévitablement en troisième position. De même, si l'on se dirige à terme vers une possible fusion entre le Pays de Lapalisse et Le Val-Libre-Le Donjon (ou certaines de ses composantes), notre com com se retrouverait alors en position de force mais à un degré moindre sur l'échelle des territoires bourbonnais.


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S. HUG



lundi 27 juin 2011

DERNIERE MINUTE : lorsque Saint-Pourçain refuse de mélanger son vin avec l'eau de la Besbre

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coup de théâtre la semaine dernière en plein débat sur le Schéma départemental de la coopération intercommunale (SDCI) qui a pour but de réformer la carte de l'intercommunalité bourbonnaise. Alors que des pourparlers avaient été engagés pour envisager un rapprochement entre les trois Com com de Saint-Pourçain,Varennes et Lapalisse, le Conseil communautaire du Saint-Pourcinois, réuni en séance ordinaire, a refusé l'idée d'une fusion avec la Com com du Pays de Lapalisse. Cette décision (qui ne constitue qu'un avis consultatif) sonne comme un sérieux revers pour nos élus communautaires. Les conseillers communautaires du Saint-Pourcinois ont avancé comme argument le fait que le Pays de Lapalisse ne faisait pas partie du bassin de vie qui constituera la trame du futur quatrième pôle bourbonnais (Saint-Pourçain/Varennes) défendu par l'ancien Préfet Monzani. Mais au-delà du politiquement correct, il faut bien entrevoir qu'à l'échelle du département, le Pays de Lapalisse apparaît de plus en plus comme une entité en perte de vitesse qui n'offre plus l'image d'une terre d'avenir et d'innovations. Se dirige-t-on alors vers la naissance d'une unité territoriale de piémont reposant sur la fusion du Pays de Lapalisse et du Val-Libre-Le Donjon ? Si tel était le cas, il faudrait très rapidement mettre sur pied une véritable politique territoriale afin de donner une vision d'avenir à telle zone marquée en profondeur par la ruralité. Comme beaucoup d'internautes l'ont souligné lors de notre dernière enquête d'opinion, il est désormais urgent de repenser l'offre touristique estivale proposée au Pays de Lapalisse. La ruralité est une chance qu'il faut exploiter !


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S. HUG



jeudi 23 juin 2011

In Mémoriam : François Grèze vient de nous quitter

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Le Docteur François Grèze, maire de Lapalisse de 1971 à 1995, vient de nous quitter à l'âge de 86 ans. Retrouvez sa biographie sur PALICIA.



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dimanche 19 juin 2011

Souvigny : le Saint-Denis bourbonnais





En 915 ou 920, le sire Aimard (fondateur de la dynastie des Bourbon) donna à l’abbaye de Cluny la villa de Souvigny par « crainte de la gêne et dans l’espoir que son âme, au jour du jugement, mérite de trouver grâce devant le tribunal du Christ. » L’abbé Bernon décida alors de fondé un établissement religieux sur ce site. Le destin du petit prieuré de Souvigny bascula en 994. Cette année-là, Mayeul, abbé de Cluny, de passage à Souvigny y rendit l'âme. Inhumé dans l’église Saint-Pierre, le lieu devint vite le théâtre de miracles qui donnèrent naissance à plusieurs pèlerinages. En 1048, Odilon, successeur de Mayeul à la tête de Cluny, tomba malade à Souvigny et y mourut à son tour le 1er janvier 1049. Son corps fut enseveli à côté de celui de Mayeul et engendra également des miracles. Souvigny devint très vite un lieu central de la Gallia christiana. Cette aura inespérée profita aux sires de Bourbon qui devinrent les avoués (= protecteurs temporels) du prieuré au début du XIe siècle. Jusqu’au XIIIe siècle, les sires de Bourbon, qui dès le XIe siècle firent de l’église Saint-Pierre leur nécropole familiale, s’appuyèrent largement sur la fortune de Souvigny et sur l’influence de l’ordre clunisien pour étendre leur territoire et leur réseau vassalique. Le premier château des Bourbon se situait d'ailleurs tout à côté du prieuré. En 1064, une nouvelle église fut consacrée et le monastère obtint le droit de battre monnaie à l’effigie de Saint Mayeul (voir cliché ci-dessous) autour de 1080 (ce droit de monnayage fut racheté par le roi Philippe le long en 1320). A cette époque, Souvigny était déjà à la tête d’un réseau de 8 monastères, 50 paroisses et 18 chapelles.



A quatre reprises, en 1096, en 1156, en 1173 et en 1185, les sires de Bourbon complétèrent la charte communale et les franchises qu’ils avaient concédées au bourg fortifié de Souvigny qui s’était peu à peu formé autour de l’ensemble abbatial. Souvigny possédait en effet de solides fortifications qui justifiaient la levée d’une contribution spéciale dans les paroisses environnantes de Meillers, Noyant, Cressanges, Coulandon, Autry, Marigny, Besson et Saint-Menoux. En retour, les habitants de ces paroisses avaient le droit de se réfugier derrière les murs de Souvigny en cas de danger. Grâce à ces fortifications, Souvigny fut l'une des rares villes fortes du Bourbonnais à résister aux incursions anglaises lors de la Guerre de cent ans. A cette époque, le prieuré comptait une quarantaine de moines.
A partir de la fin du XVe siècle, l’aura et la puissance du prieuré de Souvigny commença à décliner en partie à cause du système de la commende qui permettait au roi de nommer le prieur de Souvigny, charge qui devint, à l’image des centaines d’autres commendes distribués dans le royaume jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, une récompense dont le bénéficiaire pouvait jouir quasiment librement.
A partir de 1790 et jusqu’en 1795, les biens du prieuré furent peu à peu mis aux enchères pour un produit final de 256 000 livres. En 1791, les douze derniers moines de Souvigny furent chassés de leur prieuré, l’année suivante, l’église et les chapelles furent saccagées par une foule fanatisée par les idées jacobines et montagnardes. Dans les années 1890, des bénédictins tentèrent de relever le prieuré, mais la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat arrêta nette cette tentative. Il faut attendre 1990 pour voir à nouveau une petite communauté religieuse se réinstaller dans les murs du prieuré de Souvigny.
En 1978, l’association Saint-Marc commença à transformer l’église du même nom en un Musée lapidaire présentant des expositions temporaires. En 1984, une foire médiévale annuelle (début du mois d'août) fut créée avec comme toile de fond l'écrin abbatial. Le renouveau du prieuré de Souvigny sonna véritablement en 1993, année durant l’ancienne capitale religieuse du Bourbonnais fut élue « Grand site régional d’Auvergne » ce qui permit de commencer à restaurer le patrimoine architectural en lançant notamment une foire médiévale organisée chaque année à la fin juillet. En 1994, les jardins du prieuré furent restaurés selon un ordonnancement classique qui évolua peu à peu vers un style plus monastique. En 1995, le Musée de Souvigny ouvrit ses portes dans la grange nord réhabilitée et l’année suivante, la grange sud abrita un Musée lapidaire. En 2003, Souvigny fut classé « Grand sanctuaire roman d’Auvergne » avec comme objectif de restaurer l’ensemble prieural. En novembre 2001 et en janvier 2002, une équipe d’archéologues de l’Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand mit au jour les sépultures oubliées depuis la période révolutionnaire de Saint Odilon et de Saint Mayeul. Les fragments des gisants des deux saints furent également découverts à cette occasion et entièrement reconstitués en 2009.



La colonne zodiacale de Souvigny (XIIe siècle) - pièce maîtresse du Musée lapidaire.



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S. HUG

HUGSTEPHANE@aol.com

vendredi 3 juin 2011

Rencontre avec celles et ceux qui font le Bourbonnais - Vincent Fabre, écrivain public et conteur de l'Histoire des Ducs de Bourbon

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Vincent Fabre, écrivain public à Montluçon, a récemment sorti aux Editions La Petite Boîte, un ouvrage destiné aux 7-14 ans intitulé Les Ducs de Bourbon, quelle Histoire ! Une belle création qui constitue un moyen ludique de découvrir l'épopée de cette dynastie qui construisit notre province.


1- Pouvez-vous nous parler de la genèse de votre ouvrage sur les Ducs de Bourbon ?

Je travaille depuis deux ans avec les éditions La Petite Boite, basée à Rouen. Je rédige pour eux les textes de plusieurs livres dans la collection "Les régions racontées aux enfants". Pour l'Auvergne, ils ont fait appel à moi dans un premier temps pour un ouvrage sur Vercingétorix et la bataille de Gergovie et un autre sur les volcans d'Auvergne. La première année, j'ai également écrit les titres "La basilique de Vézelay racontée aux enfants" et "Les hospices de Beaune racontée aux enfants". Notre collaboration étant intéressante et fructueuse, j'ai proposé à l'éditeur des sujets pour la saison suivante. Comme je réside à Montluçon, dans l'Allier, c'est tout naturellement que j'avais mis dans la liste l'histoire des Ducs de Bourbon. A l'été 2010, l'éditeur m'a contacté et m'a proposé de nous lancer sur ce titre... L'aventure était en route. J'étais particulièrement satisfait qu'une collection nationale pour enfants s'intéresse au Bourbonnais et le mette à la portée des enfants.

2- Quels ont été vos premiers contacts avec l'Histoire du Bourbonnais ?



En fait, j'ai grandi en Bourbonnais, sur le bassin montluçonnais. J'y suis arrivé avec mes parents, à l'âge de 2 ans... Et, avec un père professeur d'histoire-géographie, je me suis retrouvé très vite à visiter le bocage et les terres des Bourbons. Au cours de mes études, je me suis penché aussi sur l'histoire de l'Allier : j'ai rédigé un mémoire sur Christophe Thivrier, député "à la blouse" de Commentry, et un autre sur le communisme rural pendant l'entre-deux-guerres. On le voit mes centres d'intérêt étaient plutôt la Troisième République et les mouvements politiques.Mais, en travaillant pour ma certification en histoire-géographie, j'ai redécouvert le plaisir de l'histoire moderne et médiévale. L'idée de me replonger dans l'histoire des Bourbons a été un vrai bonheur.

3- Pouvez-vous nous parler du fonds documentaire que vous avez du rassembler pour concevoir cet ouvrage ?



Il s'agit d'un ouvrage pour les enfants. Par conséquent, ce n'est ni un ouvrage de recherche, ni une thèse universitaire. Je n'ai aucune prétention à concurrencer l'historien. J'ai donc peu fait appel aux sources de première main qu'utilisent les spécialistes. Par contre, j'ai croisé plusieurs ouvrages sur les Bourbons et l'histoire du Bourbonnais. Je me suis appuyé notamment sur de nombreux articles d'historiens ou d'érudits locaux, publiés par les cahiers Bourbonnais par exemple. J'ai bien sûr fait appel aux livres d'André Leguai également et aux biographies sur Louis II de Bourbon et sur le Connétable ! Enfin, j'ai sillonné l'Allier, de Montluçon à Moulins, en passant par Souvigny ou Hérisson. J'aime à m'immerger d'une ambiance et des lieux pour écrire. J'ai besoin de la géographie pour comprendre et situer.


4- Quelles sont, selon vous, les thématiques qui mériteraient d'être développées afin de mieux promouvoir l'épopée des Bourbon en Bourbonnais ?


Personnellement, je trouve que l'Allier ne met pas assez en avant son passé lié aux Ducs de Bourbons. Pourtant, du triptyque du Maitre de Moulins aux châteaux des Ducs, il y a une vraie richesse, souvent méconnue. Il y a désormais quelques initiatives du côté de Bourbon-l'Archambault ou de Moulins, tant mieux ! Je crois qu'il faudrait notamment mieux faire découvrir la cour de Moulins et la vie du duché à ses grandes heures. De la même façon, il y a des personnages romanesques dans la famille des Ducs de Bourbon : le connétable bien sûr, mais aussi Anne de Beaujeu ou Louis II. Pensons à Anne de Beaujeu : voilà une grande dame du Moyen Âge, assurant la gestion et l'ensemble des affaires du Duché, à une époque où la place des femmes était si dure à affirmer. Je crois qu'il faudrait là aussi mettre en avant ces figures et leur redonner leur place dans l'histoire du Bourbonnais.

5- Avez-vous des projets de publications ?


Oui, tout à fait. Dans la même collection, je publie actuellement deux ouvrages sur le Languedoc-Roussillon (Les Cathares et le Pont du Gard expliqués aux enfants) et un sur la Bourgogne (Vercingétorix et la bataille d'Alésia). Pour l'année prochaine (2012), j'ai également proposé de nouveaux thèmes pour la même collection. Notamment, j'ai un projet sur l'art roman ou les églises romanes en Auvergne que j'aimerai voir aboutir. Mais cela dépendra un peu des ventes des ouvrages publiés cette année.

6- Pouvez-vous nous parler de votre installation en tant qu'écrivain public ?


En janvier dernier, avec Annick Blanchard, ma collègue, nous avons lancé Prête-moi ta plume (www.pretemoitaplume.org) avec l'envie de mettre nos savoir-faire et compétences au service des récits de vie, des histoires d'entreprises et d'association. Nous sommes en train de réaliser deux ouvrages avec des particuliers (qui vivent en Allier) et nous commençons un livre pour le centenaire d'une association montluçonnaise. Nous travaillons toujours de la même façon : nous rencontrons la personne, écoutons son récit, le retranscrivons, le mettons en histoire et nous la publions sous la forme demandée. C'est le plus souvent un livre fini. Mais, nous proposons une version blog disponible sur le web ou encore en ebooks pour lire sur des tablettes numériques. Nous pouvons à la fois écrire une biographie complète ou simplement un évènement, un passage de la vie d'une personne. Nous réalisons le même type de prestation pour les entreprises et les associations.


Pour commander Les Ducs de Bourbon, quelle Histoire !



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