dimanche 31 janvier 2016

1852 : Visite du Prince-Président (Napoléon III) à La Palisse

Lapalisse possède l'un des rares monuments commémoratifs dédiés aux victimes du Coup d'Etat du 2 décembre 1851. Cette création républicaine du début du XXe siècle déforme en fait la réalité historique : Lapalisse fut, sous la Seconde République et le Second Empire, une ville résolument conservatrice.


Le scrutin présidentiel du 10 décembre 1848 plébiscita le Prince Louis-Napoléon Bonaparte qui obtint près des trois-quarts des voix. Cependant, ce mandat de quatre ans ne pouvait être, selon les dispositions de la Constitution de 1850, renouvelable. Suite au rejet, en novembre 1851, d'une révision de la Constitution, l'entourage le plus proche du Prince-Président (Morny, Fleury, Saint-Arnaud, Maupas, Rouher, Persigny) envisagea alors de passer en force en choisissant de dissoudre de façon autoritaire la Chambre et le Conseil d'Etat.

Dans la nuit du 1er au 2 décembre, la Chambre fut destituée, les députés les plus républicains arrêtés et Paris mit en "état de siège". Un implacable maillage policier et militaire s'abattit alors sur la Capitale afin de contrôler les possibles foyers de contestation. Plusieurs poches de résistances républicaines réussirent tout de même à se former dans Paris où la répression fut extrêmement brutale (1200 morts selon certains organes de presse... 380 pour les services de Police). En province, de nombreux spasmes républicains soulevèrent les campagnes du Sud-Est et du Centre du pays (dans le Var, les Basses-Alpes, l'Hérault, la Dordogne, le Tarn, le Lot-et-Garonne, la Nièvre, le Cher, L'Yonne, le Jura et l'Allier). Le 4 au soir, l'ordre régnait sur la France.


Les 20 et 21 décembre, un plébiscite fut organisé pour asseoir les réformes constitutionnelles prévues par Louis-Napoléon Bonaparte. Avec 7 439 216 OUI contre 640 737 NON, les Français accordèrent une confortable marge de manoeuvre au Prince-Président. Le Messager de l'Allier (relais du Parti de l'Ordre en Bourbonnais) du 23 décembre 1851 notait au sujet de ce plébiscite que "Plusieurs communes, notamment celle de La Palisse, ont voté par OUI, pas un non ne s'est trouvé dans l'urne.Les habitants de la ville de La Palisse, en tête desquels se trouvent les ouvriers, ont ouvert spontanement une souscription pour offrir à M. de Rochefort, sous-préfet et à M. Meilheurat, maire, au premier une EPEE et au second une Echarpe d'Honneur, à raison du courage et de l'énergie qu'ils ont déployés lors des malheureux évènements qui ont affligé notre ville dans la journée du 4 Décembre. Le montant de cette souscription est déjà complet et quelques communes des environs veulent s'y associer. Hommage aux hommes qui comprennent si bien les vertus civiques et savent élever la société par la reconnaissance et le dévouement !"

Dans les semaines qui suivirent le plébiscite, la marche vers l'Empire s'accélèra. Le programme du nouveau régime était simple : poursuivre la restauration de la France en s'appuyant sur L'ORDRE et L'UNION. Pourtant d'essence sociale et libérale, l'idéologie bonapartiste se radicalisa au lendemain du Coup d'Etat du 2 décembre dans le but de rassurer la bourgeoisie et, de ce fait, le Prince-Président se coupa d'une partie de ses bases populaires. Pour réprimer les soulèvements républicains de début décembre, l'Etat mit également en place des juridictions d'exception. 


Afin d'asseoir encore un peu plus son nouveau pouvoir et de cadencer la marche vers l'Empire, le Prince-Président entreprit en septembre 1852 un voyage dans les provinces du Centre et du Midi qui prit vite l'allure d'une tournée triomphale. Partout, le Prince-Président soigna son image en allant à la rencontre des petites gens et des masses laborieuses : recevant les fileuses de Bourges, dialoguant avec des mariniers à Nevers, saluant la paysannerie bourbonnaise... Le Moniteur Universel du 18 septembre 1852 relata par le menu l'itinéraire princier de l'avant-veille. Après Bourges et Nevers, le cortège officiel arriva à Moulins où la municipalité chercha par tous les moyens à montrer l'attachement de la ville au nouveau régime. Le maire moulinois rappela dans son discours que "la ville de Moulins, qui a toujours lutté avec énergie et conviction contre l'esprit de désordre, a été saisie d'admiration et pénétrée de reconnaissance pour vous, lorsque l'acte héroïque du 2 décembre tira la France de l'anarchie."


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Paysans bourbonnais saluant le Prince-Président (L'Illustration du 25 septembre 1852)


Après une journée ponctuée par de nombreuses cérémonies, le Prince prit congé de Moulins le 17 au matin. Peu avant son départ, Louis-Napoléon Bonaparte fit montre de quelques largesses en offrant notamment une somme de 2 000 francs aux anciens militaires de l'Empire, relais vivaces de la légende napoléonienne. 


Si l'on reprend l'emphase des grands quotidiens officiels, un accueil remarquable attendit le Prince-Président à La Palisse, ville alors célébrée à cause du combat qu'y menèrent les autorités locales face à la "jacquerie" des Donjonais le 4 décembre 1851. Tous les acteurs de cette victoire trouvèrent, en cette journée du 17 septembre, le précieux concours de la population lapalissoise qui avait dressée deux arcs de triomphe du meilleur goût aux entrées de la ville. Une haie d'honneur organisée par les gardes nationales des environs ainsi que par les pompiers de La Palisse, Vichy, Cusset, Creuzier-le-Vieux et Busset accueillit le Prince-Président.


Sur les indications du Préfet, Louis-Napoléon Bonaparte remit la Légion d'Honneur au citoyen Xavier Bouquet de La Grye (1799-1859), ancien soldat de l'Empire qui avait déployé une rare énergie lors de l'émeute de décembre. En outre, une somme de 500 francs fut remise au sous-préfet Rochefort pour les pauvres de l'arrondissement. A l'occasion de cette visite présidentielle, le sous-préfet se vit d'ailleurs remettre cette fameuse épée d'honneur offerte par les habitants de La Palisse en reconnaissance de son courage face aux émeutiers. Enfin, 300 francs à M. Meilheurat, maire de Lapalisse, à destination des militaires et des ouvriers blessés. Le même Meilheurat, autre héros du 4 décembre, prononça ensuite un discours dans lequel il fit l'éloge convenue du "libérateur de la France et de l'Elu de la Nation". Au bout de deux heures, le cortège présidentiel reprit la route en direction du département de la Loire. Le Moniteur universel, organe de presse officiel souligna dans ses colonnes que "le département de l'Allier conserve un éternel souvenir de la visite trop courte du chef de l'Etat; mais les effets en seront profonds et durables. Longtemps agité et divisé par les factions, le département tout entier s'est uni, cette fois, dans ce seul cri : VIVE L'EMPEREUR !".




mercredi 27 janvier 2016

Jean Daumur : de la mairie au Conseil général


(1908 Tréteau - 1996 Yzeure)
Chevalier de l'ordre national du mérite
Chevalier des palmes académiques

Cet homme réputé pour ses compétences administratives et sa haute stature (1,98 m) domina pendant de longues années la vie lapalissoise. Entré au secrétariat de la mairie de Lapalisse en 1940, il en devint secrétaire général en 1945. Durant l'occupation, Jean Daumur fut très proche des réseaux de résistance locaux en leur fournissant notamment de faux papiers officiels. Jean Daumur demeura secrétaire de la mairie de Lapalisse jusqu'en 1970. Participant activement à la vie associative lapalissoise, il fut pendant de longues années dirigeant de l'AAL. Dans les années 1960, il était de notoriété publique que la carrière de Lucien Colon (maire de 1959 et 1971 et conseiller général de Lapalisse de 1951 à 1974) devait beacoup à Jean Daumur qui travaillait pour lui dans l'ombre.
Jeune retraité, Jean Daumur put enfin se présenter aux élections municipales (comme de nos jours, son statut d'employé communal lui interdisait de se présenter devant les électeurs de sa commune de résidence). En mars 1971, il fut élu conseiller municipal au second tour de scrutin. Lors de la première réunion du nouveau conseil municipal, Jean Daumur se présenta comme maire : il n'obtint 7 voix contre 21 qui allèrent au Docteur Grèze. Le décès de Lucien Colon en novembre 1974, provoqua un renouvellement cantonal anticipé. Jean Daumur décida d'y participer sous l'étiquette socialiste. Arrivé en tête du premier tour, il sortit vainqueur au second face au maire de Barrais-Bussolles, M. Bayon. Au renouvellement cantonal de 1976, Jean Daumur se représenta pour conserver son mandat encore neuf. Il affronta au premier tour le Docteur Grèze, maire de Lapalisse et Gaston Gay, candidat du PC. Devancé par le Docteur Grèze au premier tour, il profita au second tour d'un bon report des voix de gauche. En mars 1977, Jean Daumur essaya de conquérir la Mairie de Lapalisse en conduisant une Liste d'Union de la Gauche. Face à la liste Grèze, les colistiers de Jean Daumur n'obtinrent que quatre sièges. En mars1982, lors du renouvellement cantonal, Jean Daumur dut affronter quatre concurrents dont trois de droite. Dès le premier tour, Bernard Le Provost (RPR), nouveau venu en politique, le devança assez nettement. Au second tour, Jean Daumur perdit son siège à l'assemblée départementale pour seulement une cinquantaine de voix au bénéfice de Bernard Le Provost qui inaugurait ainsi une longue carrière politique.
Jean Daumur demeura conseiller municipal de Lapalisse jusqu'en 1983, puis il se retira de la vie politique locale.

S. HUG
HUGSTEPHANE@aol.com

mardi 19 janvier 2016

Réaction dézinguée du Père Besbre : l'air de la ville va-t-il continuer à griser nos élus locaux ?


Cinq ans après avoir affirmé qu'une fusion entre le Pays de Lapalisse et Varennes-Forterre était naturelle et nécessaire au regard du poids de la Nationale 7, désormais, Jacques de Chabannes tourne le dos à l'ancienne fiancée et veut se rapprocher de l'agglomération vichyssoise dont le tropisme vient de lui sauter aux yeux... Incroyable mais vrai ! En attendant, le déclin démographique de Lapalisse continue, les artisans et commerçants sont plus que dubitatifs devant l'impact surestimé du FISAC et la population boude les cérémonies de voeux... l'année commence bien !

S. HUG