mardi 22 décembre 2009

Les 26 et 27 décembre 1999, la tempête du siècle passe sur Lapalisse


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Il y a dix ans, les 26 et 27 décembre 1999, deux tempêtes d'une intensité et d'une ampleur rarement observées balayaient le territoire national. A Lapalisse, de nombreuses toitures furent endommagées et des arbres déracinés. Le corps des sapeurs-pompiers effectua une cinquantaine d'interventions en moins de 48 heures. Les deux édifices les plus fragiles de la ville, l'église Saint-Jean-Baptiste et le château de La Palice, furent les premiers à souffrir lors du passage de ces deux tempêtes. Alors que les dégâts sur la couverture du château fut estimés à 230 000 francs, une vingtaine d'arbres (dont une bonne dizaine étaient bicentenaires) furent déracinés ou gravement abîmés dans le parc (voir photo ci-dessus).





S. HUG



HUGSTEPHANE@aol.com

samedi 19 décembre 2009

Un coup de gueule : que faire de Lapalisse ?

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La récente constitution d’un Conseil d’exploitation de l’Office de Tourisme du Pays de Lapalisse, devant remplacer à partir du 1er janvier 2010 l’Association du même Office dissoute le mois dernier, est un mauvais signal lancé tant à l’opinion publique du Pays lapalissois qu’en direction des acteurs du tourisme régional. Finalement, on prend les mêmes et on continue… On resserre encore un peu plus le groupe des décideurs quitte à encourir le risque de se couper de la population. Pourtant, la réussite d’un développement touristique harmonieux passe toujours par une prise de conscience collective. Certes, l’apathie lapalissoise est légendaire, mais tous les amoureux de ce pays ont le devoir d’être des semeurs d’idées. A l’heure des « votations citoyennes », personne ne sait par exemple ce que les Lapalissois pensent véritablement de l’image de leur ville et quelles sont leurs idées en matière de promotion touristique. Peut-être a-t-on tout simplement peur que le miroir populaire ne renvoie le visage de l’immobilisme ? Dans un article récent, je vous avais fait part de mes interrogations face à la perte de compétitivité du Pays de Lapalisse sur le marché du tourisme local, désormais il ne s’agit plus de doutes mais de craintes portant sur l’absence d’un véritable projet touristique d’avenir pour notre ville. Quelles sont dans ce domaine les perspectives à long terme dégagées par l’actuelle municipalité ? Personne ne le sait !
Rappelez-vous, lors de la campagne pour les élections municipales de mars 2008, Jacques de Chabannes avait lancé la louable idée de développer les relations entre la SCI du Château de La Palice et la municipalité afin de créer un véritable partenariat entre les gestionnaires du monument historique et les édiles locaux. Si la réalisation d’un tel partenariat est techniquement et juridiquement possible, elle est revanche extrêmement périlleuse en terme de gestion politique pour l’actuel maire. En l’état, rien de nouveau ne viendra du château de La Palice, l’avenir proche est donc à ses pieds. Justement, en contrebas de celui-ci mûrit le projet de réhabilitation de tout un groupe de maisons situées Place Bécaud afin de transformer chaque étage en appartement et chaque rez-de-chaussée en cellule commerciale ayant vocation à accueillir des artisans d’art. L’artisanat d’art a certes le vent en poupe, mais jusqu’à quand ? Les retombées économiques ne sont d’ailleurs pas toujours, loin s’en faut, au rendez-vous. En l’occurrence, il s’agit toujours plus de vitrines ne fonctionnant que quelques mois dans l’année que de réels moteurs économiques. En revanche, l’un des grands avantages de l’artisanat d’art est d’introduire dans les zones rurales toute une nouvelle catégorie sociologique (les néoruraux) capables, au travers de projets forts, de construire des liaisons entre monde urbain et monde rural. Mais est-on prêt à Lapalisse à partager le pouvoir avec des néoarrivants ?
En complément de cette future activité d’artisanat d’art et afin de redonner vie à la « Place du Moulin », pourquoi ne pas tester une idée totalement novatrice : celle d’une scénographie historique implantée dans une des futures cellules commerciales. Il s’agirait tout bonnement de reconstituer un atelier ou une boutique d’autrefois (menuisier, épicier ou couturière par exemple) et de faire vivre cet endroit autour d’un comédien (ou d’une comédienne) qui y accueillerait les visiteurs et serait capable de recomposer à la fois la vie de sa boutique et celle de la ville, il y a un ou deux siècles, au travers d’une performance durant quelques dizaines de minutes. Un tel lieu pourrait même être utilisé une bonne partie de l’année en en faisant une véritable scène pédagogique grâce à la signature d’un partenariat avec l’Éducation nationale. Ce « spectacle » pourrait bien entendu être parfaitement intégré dans le déroulement des visites de la ville organisées par l’Office de Tourisme, celles-là mêmes qui constituent, pour l’heure, le plus solide outil promotionnel dont nous disposons.

Que faire de l’ancienne Nationale 7 bientôt rénovée de fond en comble ? S'agira-t-il simplement d'un espace vide de sens ?
Organiser tous les deux ans un grand embouteillage de véhicules anciens à Lapalisse est une chose, mais cela ne relève que de l’événementiel et, notons au passage, que cette initiative n’a été rendue possible que grâce au travail efficace de l’équipe municipale précédente et au talent de Thierry Dubois. Comment faire de la traversée de Lapalisse un lieu attractif, pérenne et original ? Pourquoi ne pas découper le tronçon situé en cœur de ville en trois compartiments historiques qui permettraient aux visiteurs de remonter l’histoire de cette route depuis les années 80 jusqu’aux années de la conquête de l’automobile en passant par les sixties ? En partenariat avec le Musée d’Art brut (un lieu qu'il faudra bien sauver) on pourrait très bien installer à l’intérieur de chacun de ces tronçons des réalisations plastiques exposées à mi-hauteur traduisant l’esprit de la route et du tourisme au fil du temps. Un tel projet serait permanent, évolutif et permettrait de faire descendre l'art dans la rue.

Tout reste donc à construire à Lapalisse.

Pour l’heure nous vous proposons, chers lecteurs, de participer à un sondage, que vous trouverez dans la colonne de droite de PALICIA afin de connaître votre opinion sur l’image actuelle de notre ville.

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S. HUG


mercredi 16 décembre 2009

In Mémoriam : Jacqueline Dubuis, grande figure lapalissoise, vient de nous quitter

Jacqueline Dubuis vient de nous quitter cette semaine à l'âge de 89 ans. Grande figure de la vie lapalissoise de la seconde moitié du XXe siècle, cette dame ne fut pas seulement l'active pharmacienne de la rue du Commerce que nous avons tous connus, elle fut aussi pendant de longues années Présidente de la Croix Rouge lapalissoise et la seule femme du paysage politique local. Arrivée en tête du décompte des voix lors du premier tour des élections municipales de mars 1971, elle fut alors pressentie pour succéder à Lucien Colon à la tête de la ville, avant que le choix final du nouveau conseil municipal ne se porte sur le docteur Grèze dont elle fut l'adjointe entre 1971 et 1977.

mardi 8 décembre 2009

Le Pays lapalissois a-t-il perdu une bataille ?

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Le 23 novembre dernier l’Association de l’Office de tourisme du Pays de Lapalisse a été dissoute et remplacée par un Service Public Administratif dépendant de la Com com. On aura beau nous dire que ce transfert permettra à la fois des économies d’échelle, une meilleure gestion des investissements et une plus grande technicité, il n’en demeure pas moins que cette décision fait apparaître au grand jour un handicap propre au Pays lapalissois : son incapacité atavique à croire en lui. En fédérant autour de ses structures le groupe des acteurs et des décideurs de la promotion territoriale, la Com com cherche à pallier cette inertie collective.
Alors que les nouvelles équipes, installées après les élections municipales de 2008, rêvaient de réduire la distance les séparant de leurs administrés, les voici, rattrapées par la réalité du terrain, obligées d’inventer une structure satellitaire appelée à graviter dans l’ombre de la Com com. A l’heure où le Saint-Pourcinois et le Pays Gannatois mènent des campagnes promotionnelles ambitieuses, où les habitants du Pays de Tronçais et de la Montagne bourbonnaise sont convaincus de vivre et d’animer un territoire bien individualisé, le Pays lapalissois est peut-être en train de perdre une bataille sur le terrain de la communication faute de combattants.

Le Pays de Lapalisse existe, mais malheureusement bien peu de gens s’en rendent compte. Le Pays de Lapalisse ne se résume pas seulement au territoire communautaire créé fin 1998, il s’agit d’un véritable territoire social, inscrit dans la ruralité et animé par une multitude de flux organisés autour de notre bourg-centre. Hélas, le Pays lapalissois souffre d’un problème d’identité (excusez du peu, le mot est à la mode !). Il est plus facile, par exemple, de se revendiquer de Tronçais tant la forêt a fini par façonner la perception mentale de ses habitants que de reconnaître son appartenance au Pays de Lapalisse. Et pourtant, notre identité peut être définie comme une certaine pratique du territoire rural. C’est justement cette ruralité que nous devons nous efforcer de vendre. Entendons-nous bien sur les mots afin de ne pas répéter l’erreur trop souvent commise en d’autres lieux : la ruralité n’est en aucun cas un territoire virtuel et idéalisé, il s’agit d’un espace vivant dans lequel les habitants ont tout autant de sens que le cadre environnemental qu’ils peuplent. Arrêtons de vouloir bâtir des territoires sanctuarisés où la nature aurait plus de valeur que l’homme. La ruralité, c’est justement la maîtrise raisonnée de la nature, il ne s’agit pas d’un concept, mais tout simplement d’un héritage historique bien antérieur à la naissance de l’écologie.

Le Pays lapalissois ne manque pas d’atouts, ce qui lui manque c’est de pouvoir les fédérer et de donner un sens au message adressé au grand public. Cette notion de ruralité deviendrait d’un coup une réalité identifiable par tous si elle était contenue dans une sorte de Pack ruralia proposant un accès global, ou à la carte, à la totalité de l’offre du Pays lapalissois : tables d’hôtes, gîtes ruraux ou hébergement en bungalows couplés à des visites d’exploitations classiques et de fermes biologiques, découvertes des paysages agraires autour d’animations guidées, découverte des transformations des produits agricoles à petite et grande échelles. Couronnant le tout, pourquoi ne pas créer une équipe qualifiée de guides personnellement attachés aux touristes durant la durée de leur séjour, ainsi qu’un véritable écomusée de la ruralité présentant toute l’évolution des pratiques agricoles bourbonnaises depuis la fin du XIXe siècle. Le projet, actuellement en sommeil, d’ouvrir un musée du machinisme agricole sur le site de l’ancienne SAMPC et la reconversion engagée depuis peu par le Lycée Antoine-Brun prendraient ainsi tout leur sens au sein d’un tel projet territorial.

Cette vision personnelle ne relève que de la prospective. A l’heure où la sortie de crise se fait attendre et où l’avenir des finances locales dépend de la finalisation de la réforme de la taxe professionnelle, formulons simplement le vœu qu’après les hautes eaux du temps des fondateurs, la Com com trouvera l’énergie et le talent pour continuer à faire vivre le Pays lapalissois.
S. HUG

vendredi 4 décembre 2009

La culture humaniste au vert

Beaucoup de gens l’ignorent, mais le bourg d’Arfeuilles abrite depuis près de cinquante ans l’une des très rares colonies maçonniques d’Europe continentale : l’UJM Clarté.


L’Union des Jeunesses Maçonniques Clarté a été créée en 1936. Son but fut dès le départ de fédérer l’ensemble des associations de jeunesse relevant des différentes obédiences maçonniques françaises. Si les premières colonies ouvrirent leurs portes à Saint-Nazaire, après la Seconde guerre mondiale, les colons s’établirent sur la côte charentaise. Ce ne fut qu’à la fin des années 50, sous l’impulsion du Frère Gagnepain (le titre de "frère" relève ici uniquement de la terminologie maçonnique) que l’UJM Clarté vint s’établir dans le bourg d’Arfeuilles. Depuis, tous les printemps et tous les étés, des dizaines de jeunes venus de toute la France et même parfois d’Europe viennent partager les valeurs de la culture hmaniste.






Deux groupes de colons dans les années 70



S. HUG


mercredi 2 décembre 2009

Aux origines de la promotion touristique de Lapalisse

Le développement de l'automobile, dans les années 1920, entraîna la mise à plat de l'espace français et la naissance de la concurrence touristique à l'échelle locale. Vanter les charmes et les atouts de son pays devint vite une nécessité économique afin de saisir le vent de la modernité.

Le 22 janvier 1934, dans la salle de la Justice de Paix de La Palisse fut créé le premier Syndicat d'initiative de notre ville, présidé par l'hôtelier Pierre Dulout. Confronté à la problématique d'exister dans l'orbite de Vichy, ce Syndicat édita rapidement une carte postale recensant les atouts de notre ville :



Si le château de La Palice (qui ne se visitait pas à l'époque) était déjà la pierre angulaire du patrimoine touristique lapalissois, le Syndicat d'initiative choisit de communiquer autour de la Besbre (baignade et pêche sur le site du Moulin Marin, ramassage des écrevisses en amont de la ville), des échanges agricoles engendrés par les foires et les marchés (boeufs gras, motte de beurre...) et des industries locales (usine Barthelot et Grumbar, boisselerie d'Antoine Guy). Alors que l'église Saint-Jean-Baptiste et le viaduc de Saint-Prix sont représentés comme éléments architecturaux notables, la vieille maison à pans de bois située à l'angle de la rue du Commerce et de la rue Notre-Dame ainsi que l'ancienne Hostellerie du Puits de l'Image n'occupent pas encore la place centrale qu'ils trouveront au coeur de la symbolique de notre ville au cours des années 60-70.




Ce fut le soir du mercredi 7 juillet 1937 que fut réalisée la première illumination du Château de La Palice par la Compagnie des lampes MAZDA. Le journal local Les Vérités de Lapalisse relata cette soirée inoubliable au travers de lignes remplies de verve : "les rues étaient noires de monde et les coteaux voisins abondamment garnis. C'est, du reste, de là que le spectacle était le plus intéressant et de Bel-Air, par exemple, le château semblait un bloc de cristal incandescent. La presse a donné de copieux comptes rendus de Vérifier l'orthographecet événement. Joignons-nous à elle pour féliciter la Municipalité et le Syndicat d'Initiative qui ont obtenu sa réalisation. "

Tous les espoirs locaux furent coupés nets par la guerre et l'occupation. Ce ne fut qu'au début des années 1950 que les campagnes d'illumination du château reprirent véritablement pour aboutirent, en 1955, à la création d'un spectacle Son et Lumières qui enchanta les nuits lapalissoises pendant un quart de siècle.

S. HUG


HUGSTEPHANE@aol.com