jeudi 26 février 2015

Chronique du haut de la palissade : que faire de l'ancien Moulin de la Ville ?

N’en déplaise à certains, sauver le Moulin de la ville dans son intégralité n’est pas ma dernière lubie mais un objectif de développement pour Lapalisse. Au terme d’une enquête d’opinion particulièrement tendue, une courte majorité d’internautes s’est prononcée pour le maintien de tous les bâtiments constituant ce haut lieu de la mémoire artisanale de notre ville. Reste désormais à leur trouver une finalité, car au-delà de la force de contestation ce qui compte, c’est le pouvoir de proposition. A mon sens, la seule solution globale serait de transformer l’ancien Moulin de la ville en un espace locatif à destination de ces « Nouvelles populations » désirant s’établir dans notre département et dont le Conseil Général de l’Allier est si friand. Et bien, Messieurs les Conseillers, un peu d’audace et d’imagination ! Un tel bâtiment réhabilité dans son intégralité et disposant à la fois d’ateliers, de bureaux et d’appartements de type loft permettrait d’attirer des urbains porteurs de projets tout en donnant enfin du sens aux boutiques d’artisanat d’art situées au pied du château ainsi qu’à l’espace de travail partagé. Lapalisse doit apprendre à se vendre et à construire des projets globaux. Les prochaines élections départementales marqueront-elles un tournant dans ce domaine ? J’en doute fortement tant les grandes thématiques du débat, si débat il y a, tourneront autour de la gestion du budget départemental en faisant croire que demain on rasera gratis ou, à l'inverse, que l'on ne tondera plus le pékin. Un candidat (ou une candidate) aura-t-il enfin le courage de regarder en face le déclin de notre ville et de poser la question de la place de Lapalisse dans l’équilibre général de notre département ? 

S. HUG

Les pastilles du docteur Guyot

L'histoire de nos rapports avec la pharmacopée et les produits pharmaceutiques reste encore à écrire. Au-delà  des vertus thérapeutiques recherchées, l'ensemble des rituels que nous accomplissons lors de la prise d'un médicament ou la somme des croyances apotropaïques (c'est-à-dire sensées éloigner le mal) que nous développons, souvent en secret d'ailleurs, constituent autant de champs historiques inexplorés. Parmi ces médicaments couronnés de toutes les vertus, les pastilles et le sirop du Docteur Guyot furent deux produits vedettes des pharmacies françaises de la Belle Epoque aux années 1950. Originaire de Périgny, Louis Guyot utilisa à merveille les bienfaits combinés du goudron, du menthol et de la terpine dans le soin et la prévention des maladies pulmonaires et respiratoires. 



De tous les utilisateurs invétérés des pastilles Guyot, l'acteur Jean Marais en conserva des souvenirs pour le moins précis : "Dure épreuve que le retour au lycée. Pourtant j'avais de bons camarades. Les meilleurs étaient Malrai et Guyot dont le père fabriquait des pastilles du même nom. Il nous en donnait des boîtes. J'avais une surprise pour eux : un vrai revolver que j'avais chipé à mon frère. Cette arme presque inoffensive l'était encore moins puisqu'elle ne contenait pas de balles. Dire "vrai revolver" nous grisait. Les revolvers à amorces, qui faisaient beaucoup plus d'effet dans nos jeux, nous semblaient dérisoires. Guyot, pour me l'acheter, me proposa en échange cinquante boîtes de pastilles et je ne sais quoi encore. Je finis par accepter." (Histoire de ma vie, Albin Michel, 1993)

S. HUG

dimanche 22 février 2015

La vielle en Bourbonnais

L'origine de la vielle remonte au coeur du Moyen Age. Devenue un instrument de Cour à l'âge baroque, l'usage aristocratique de la vielle cessa avec la Révolution. La plupart des luthiers quittèrent alors la Capitale pour s'installer en province, notamment dans le centre de la France (Berry, Limousin, Bourbonnais, Marche). Ayant conquis les milieux populaires au cours du XVIIIe siècle, la vielle devint au XIXe siècle l'instrument-roi de la danse paysanne. De toutes les lutheries bourbonnaises, la maison Pajot, installée à Jenzat depuis 1795, fut la plus renommée pendant près de deux siècles. Déclassée au début du XXe siècle par l'accordéon, la vielle tomba peu à peu dans l'oubli. Cependant, dans le Berry voisin, la Société des Gâs du Berry, mena un combat identitaire autour de cet instrument. Au cours des années 50-60, le montluçonais Gaston Rivière (1909-2004) entretint la mémoire de la vielle en Bourbonnais et fut un remarquable passeur de sonorités, légant à la génération de la Chavannée de Montbel et de Jean-François Heintzen, un fantastique héritage musical. 

source : revue pédagogique Amis Coop, novembre 1980, spécial Bourbonnais.

S. HUG

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